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Ban Lung: 10 - 14 novembre 2007

La longue remontée vers le Nord

Dans un monde idéal, on pensait partir de Siem Reap pour se rendre directement au nord du Cambodge, s'y arrêter quelques jours et ensuite passer la frontière pour le Laos. Dans le monde réel, le "réalisé" peut malheureusement s'éloigner du "planifié". On s'est rendu compte le soir avant de partir qu'il était impossible d'obtenir un visa laotien à la frontière Cambodge-Laos. C'est possible depuis toutes les autres frontières (Thaïlande, Vietnam, Chine) mais le Cambodge est l'exception. On n'a donc du changer nos plans et nos billets de bus pour nous diriger vers l'ambassade du Laos qui est à Phnom Penh. Ce petit détour a fortement augmenté les heures passées dans les transports publics et nous a fait perdre une journée car nous avons du dormir une nuit à Phnom Penh. A peine arrivé dans la capitale, tout s'est accéléré. On est sorti du bus à 14h30. A 15h00, nous étions devant l'ambassade et 1h30 plus tard, nous en ressortions avec le sésame laotien. Nous avons quand même profiter de notre retour dans la capitale pour visionner le dernier documentaire que nous n'avions pas vu sur les mines anti-personnels.

On est reparti tôt le matin (on se lève toujours avec les coqs et on va au lit avec les poules) pour la ville de Kratie. Nous y sommes rester par nécessité car il fallait au moins deux jours de bus pour atteindre le nord du pays. Kratie est une petite ville qui a une seule attraction touristique, les derniers dauphins d'eau douce du Mékong. Pressé par le temps, nous avons décidé de prendre le premier bus le jour suivant.

Le soir, nous avons mangé dans le seul resto "branché" de la ville qui offrait tout ce qu'un backpacker peut désirer: pizzas, internet, burgers, bière, agences de voyages et surtout, de la bonne musique (enfin!). On y est resté toute la soirée et avons fait la connaissance de Scott, un Américain du Wisconsin de notre âge. Electricien de formation, sa passion est le voyage lorsqu'il a assez d'argent. Son précédent voyage où il avait parcouru toute l'Amérique avait duré une année et il était maintenant en route pour 6 mois à travers l'Asie. On beaucoup discuté avec lui, notamment de l'Inde qu'il venait de parcourir pour la deuxième fois. L'échange a duré si longtemps que nous avons fait la fermeture du bar. C'est la première fois depuis le début de notre voyage (précisons que la fermeture est à .... 22 heures).

A l'aurore, nous avons patiemment attendu devant le resto-bar-hôtel-agence de voyages notre bus pour Ban Lung. En retard d'une heure, notre bus s'est mué en jeep Toyota Pajero. Nous sommes montés avec Scott, qui partait au même endroit, et un Cambodgien qui rentrait chez lui, dans le 4x4 pour 6 heures de route. Après deux heures de routes goudronnées, nous avons bifurqués vers l'est et ce fut le début du rodéo de 4 heures. La route en terre était fortement trouée à cause des pluies torrentielles et était peu entretenue.

Durant le trajet, nous avons fait la connaissance du passager Cambodgien qui était employé à l'office du tourisme de Ban Lung. Il nous a beaucoup parlé de la corruption du gouvernement, notamment en ce qui concerne la déforestation. Les locaux n'ont pas le droit de couper des arbres alors que les hauts dirigeants se servent via des entreprises forestières qu'ils possèdent. Le sujet qui lui tenait le plus à coeur était la problématique des eaux. Plusieurs cours d'eau traversant le Cambodge proviennent d'autres pays tels que la Chine et le Laos pour le Mékong et le Vietnam pour d'autres rivières. Ces derniers construisent des barrages hydroélectrique, ce qui dérèglent les cours d'eau et aggravent les inondations ou les sécheresse suivant les périodes de l'année.

On a aussi abordé la thématique nutrition. Le guide nous a ainsi appris que les araignées qui vivent dans la terre sont appréciés des Cambodgiens car leur abdomen a à un goût de lait de noix de coco.

La province du Ratanakiri

Le village de Ban Lung est le chef-lieu administratif de la province du Ratanakiri. Cette région a joué son rôle durant la tragique période khmers rouges en servant de base aux dirigeants khmers dans les années 60. Aujourd'hui, la province est réputée pour ses mines de pierres précieuses, sa production de caoutchouc et le tourisme. Ce dernier est toutefois encore peu développé par rapport à d'autres provinces du pays.

Ban Lung

Le rodeo en 4x4 s'est terminé devant l'hôtel du cousin de notre passager cambodgien. Nous n'avons pas pris une chambre dans cet hôtel car celles-ci sentaient fortement le renfermé, voire le moisi. On a trouvé une chambre dans l'hôtel d'en face.

Ban Lung est une petite cité avec ses 18'000 habitants. Elle a peu d'intérêt en soi mais reste le lieu de résidence obligatoire pour tout touristes qui veut visiter la province du Ratanakiri.

Le lendemain, nous sommes partis tôt le matin pour nous rendre à pied vers le lac Boeng Yeak Lom. Ce lac est réputé car il est étonnamment circulaire et devrait son origine à l'impact d'un météorite. Le roi y avait d'ailleurs construit un chalet dans les années 50. Nous avons marché quelques kilomètres dans la poussière de la route qui part en direction du Vietnam avant de bifurquer sur une petite route plus agréable car entourée de végétation. Nous avons rapidement fait le tour du lac qui est en effet très rond et sommes repartis en direction de Ban Lung.

L'après-midi, nous avons organisé un trek de deux jours dans la jungle avec une nuit sous tente dans un hamac. Nous avons longuement hésité car le prix nous paraissait surfait pour le pays et l'activité proposée. N'ayant pas trouvé d'autres concurrents, nous avons accepté l'offre.

Le soir, nous avons mangé seul dans un grand hôtel. Comme souvent, la cuisinière a fait plus à manger que ce qui nous a été servi. Le surplus a été mangé par le personnel du restaurant. Nous avons régulièrement observé cela. En quelque sorte, ils attendent d'avoir quelques clients pour "s'octroyer le droit" de manger.

Le trek de deux jours

Le jour suivant, nous avons rejoint notre guide et son porteur. Le guide parlait un anglais correct mais nous avons souvent dû répéter nos phrases lors que la discussion devenait "plus complexe". Le porteur venait d'un village minoritaire et ne parlait pas l'anglais.

Nous sommes donc partis en scooter vers la maison de notre porteur. Là, nos deux accompagnants ont pris le matériel nécessaire et nous sommes partis.  Contrairement à l'escalade du Fansipan (voir Vietnam), nous avons aussi dû porter notre part du matériel, soit une partie de l'eau et les hamacs.

Durant la première journée, nous avons (seulement) marché pendant cinq heures à travers une végétation de style "pré-jungle". Ce n'était plus une vraie forêt vierge car la coupe des grands arbres (notamment le teck dont le prix de revente est élevé) ne permettait plus à la végétation plus basse de se protéger du soleil. Par conséquent, la forêt était plutôt sèche. Toutefois, certains inconvénients de la jungle demeure. On a donc découvert: les morsures de fourmis (ça brûle pendant plusieurs heures) et de termites (jusqu'au sang); les plantes "velcro"; les ronces qui déchirent les habits et la peau; les rivières à traverser; les araignées "grand format". La cerise sur le gâteau fut la pluie. On a vraiment pas eu de chance. Une heure avant d'arriver au lieu de campement, nous avons essuyé une tempête tropicale. Nous étions trempe après trente secondes, hamacs y compris.

Arrivé au campement, la pluie s'était calmée et nous avons pu monter les bâches et fixer les hamacs. Ceux-ci étaient faits pour la jungle car ils disposaient d'une moustiquaire. Le campement se limitait à quelques rondins de bois utiles pour fixer la bâche (en quelque sorte le toit) et les hamacs.

Nos guides ont ensuite préparer le souper. On a eu droit a des oeufs, des légumes et du riz. Pour le dessert, des bananes. Yvan a aussi pu goûter un petit poisson de la rivière que notre porteur avait pêché et cuit sur le feu. Celui-ci nous a aussi permis de mettre nos habits à sécher. Assis en rond, nous avons longuement discuté avec notre guide. Nous avons ainsi appris qu'il était juste guéri de la malaria qui est une maladie très courante dans la région. Cela ne nous a pas rassuré vu que nous n'avions pas pris les médicaments nécessaires. Toutefois, il faut relativiser car le risque de malaria est faible durant la période actuelle dite "sèche". Autre surprise, le guide nous a aussi parlé de ces problèmes de vers qui lui rongeaient l'estomac. Le porteur en avait aussi. Conséquences, nos deux accompagnants avaient l'air très fatigué et avaient quelques problèmes intestinaux (diarrhée). On a appris cela après le repas. Comme nos guides avaient préparé la nourriture, on espère qu'ils ne nous ont pas transmis quelques oeufs (pas de poules évidemment).

A 20H00, nous étions tous dans nos hamacs. La nuit fut agréable pour Yvan et difficile pour Vania qui n'a dormi que quatre heures. Nous avons déjeuner de pains et de fruits (le reste des bananes) et sommes repartis vers 09h00. A noter que notre porteur s'était levé plus tôt pour récupérer son filet qu'il avait posé dans la rivière le soir précédent. Il était content de sa prise et il a profité de la rivière pour vider les poissons et les préparer pour sa famille.

Après (à nouveau seulement) trois heures de marche, nous sommes revenus vers la maison de notre porteur. Là, nous avons repris les scooters pour Ban Lung. Nous avons mangé à midi chez notre guide. C'est là que Vania a commencé à ressentir d'importants "gargouillis" stomacales. La maison du guide était en bois et posée sur 8 pilotis en bois. Certains menaçaient de se casser car ils avaient été fortement affaiblis par les termites. Quand on a mentionné le risque d'écroulement, notre guide a beaucoup rigolé. Il rigolait d'ailleurs tout le temps, même lorsqu'il nous parlait de ses anciennes crises de malaria et de ses vers qui le rongeaient. Nous avons ainsi pu faire la connaissance de sa jeune femme et de sa fille de 4 mois.

Après le repas, nous sommes repartis en scooter vers un autre village minoritaire. Là, nous sommes montés sur un éléphant pour se rendre vers la cascade Ka Tieng. La ballade a duré une heure trente. L'éléphant, c'est sympa mais après trente minutes, on trouvait déjà le temps long. L'expérience était à faire mais ne sera pas réitérée. L'éléphant n'a pas arrêté de manger durant le trajet, ce qui nous a valu de long moment  de pause devant un buisson que notre "véhicule vivant" arrachait à coup de trompe.

Arrivé à la cascade, nous avons pris quelques photos avant de suggérer à notre guide de rentrer car les nuages étaient noirs et volumineux. On voulait éviter une autre rincée car nous avions enfin des habits propres et des chaussures sèches. Ce qui devait arriver arriva, nous avons été rincé après 5 minutes en scooter. On a donc fini nos deux jours d'aventure avec plusieurs habits trempes. Et entretemps, l'estomac de Vania avait doublé de volume. Elle fut heureuse d'être arrivée à l'hôtel pour faire un long hommage aux toilettes.

Quelques autre informations sur notre guide. Il avait 28 ans et venait de Battambang. Ses deux parents étaient d'anciens soldats Khmers Rouges. Il avait travaillé durant 4 ans dans une fabrique de caoutchouc tout en apprenant l'anglais en assistant aux cours donnés par une ONG. Son professeur était philippine. Lorsqu'il a estimé que son niveau était suffisamment bon, il a cherché un travail dans le tourisme. Cela rapportait plus et demandait moins d'effort que de travailler dans une fabrique.

On en profite pour parler du travail, version cambodgienne. Premièrement, les Cambodgiens ne se tuent pas à la tâche, Deuxièmement, idem. Troisièmement, idem. On peut aussi ajouter qu'ils adorent arnaquer les touristes. C'est la théorie du "beaucoup d'argent à moindre effort". La télévision est la véritable drogue. Les hommes ont tendance à "glander" alors que les femmes semblent beaucoup plus actives sans pour autant se fatiguer.

Le départ

On quittera Ban Lung le jour suivant en bus à 06h15 pour se rendre à Stung Treng, dernière étape avant le Laos.

Nous retenons de Ban Lung:

  • village perdu au milieu de nulle part
  • le trek de deux jours
  • ... et les conséquences pour l'estomac de Vania qui ont duré plus que deux jours
  • les échanges avec notre guide
  • la ballade en éléphant ... long
  • les orages tempétueux qui éclatent chaque après-midi vers 15h00