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Battambang: 01 - 04 novembre 2007

On est parti de Phnom Penh depuis la gare routière. On a eu droit à un bus local, la première fois depuis que l'on a quitté la Chine. Les différences avec les bus touristiques du Vietnam: bus surpeuplés, pas de clim, plus de moustiques que de passagers, une odeur... toute relative.

Le trajet de 6 heures pour effectuer 293 kilomètres, soit une moyenne de ~50km/h a été plutôt chaotique. La route est goudronnée mais certainement pas étanche vu le nombre de trous. Durant le trajet, nous avons fait la connaissance de deux Cambodgiens vivant aux Etats-Unis depuis 30 ans. Le père et son fils venait rendre visite à leur famille durant les vacances d'Halloween. Ils ont pu nous aider pour le repas de midi car dans la campagne, seul le cambodgien est parlé.

Etonnamment, on est arrivé à l'heure à Battambang (il faut le souligner car c'est très rare). A peine sortis du bus, on a été assailli par les racoleurs et chauffeurs de motos qui voulait nous emmener vers leur hôtel (ou plutôt celui où ils pourront avoir une commission). A notre grand désespoir, il n'y avait pas d'autres étrangers dans le bus et nous étions l'unique proie pour les vautours.

Vania n'a pas du tout aimé et s'est éloignée de nos prédateurs, cela d'autant plus que l'on savait d'avance dans quel hôtel nous voulions aller. De son côté, Yvan discutait avec eux, notamment sur la possibilité d'avoir le trajet gratuit jusqu'à l'hôtel en moto. Finalement, on est allé à pied à l'hôtel car Vania a catégoriquement refusé de prendre une moto (Yvan n'a toujours pas compris pourquoi).

Nous avons pris une chambre dans l'hôtel Chhaya et n'avons pas été déçu. Dans le hall, nous avons aussi fait la connaissance d'un motard qui nous a proposé ses services pour visiter la campagne et quelques temples en ruines. Nous avons pris rendez-vous pour le jour suivant car nous voulions consacrer notre premier après-midi à la visite de Battambang.

La ville de Battambang

Battambang et sa périphérie compte 800'000 habitants. C'est le chef-lieu de la deuxième province la plus peuplée après celle de Phnom Penh. Cette province vit peu du tourisme car il n'est pas encore très développé malgré la présence de quelques belles ruines. La culture du riz est l'activité économique principale. Selon certain, c'est ici qu'est cultivé le meilleur riz du Cambodge voir d'Asie du Sud-Est. Géographiquement, la région est un grand plateau où seules quelques toutes petites collines semblent jaillir de nulle part. Celles-ci sont souvent "habitée" par un temple ou des ruines, si ce n'est les deux à la fois. On est venu dans cette région pour la campagne car la culture du riz et le reste de la végétation tropicale sont magnifiques.

Un après-midi suffit pour visiter la ville car excepté un petit musée, que nous n'avons d'ailleurs pas vu, la seule attraction est la "contemplation" des restes des bâtiments coloniaux.

On a parcouru les rues de la ville ainsi que quelques uns des marchés. On vous conseille de voir les photos portant sur les "snacks cambodgiens". A vous de reconnaître l'animal qui se cache derrière chaque plat.

La campagne

Le lendemain matin, nous avons retrouvé notre motard et un de ses potes. Nous sommes partis avec deux scooters pour une journée de découverte dans la campagne de Battambang.

On a traversé de magnifiques paysages avant d'arriver au pied d'une colline. Des rizières, des maisons en bois sur pilotis, des arbres fruitiers tels que palmiers, orangers, bananiers, etc...

Un temple était au sommet de la colline. Nous avons donc acheté un ticket et laissé nos guides en bas pour visiter celui-ci. Nos guides nous ont proposé de venir avec nous mais leur enthousiasme brillait si peu que nous les avons "délivrés" en y allant seuls. En cours de route, nous avons passé par une grotte qui avait servi de lieu d'exécution durant la période des Khmers Rouges. Les victimes étaient assommées au sommet d'un puits naturel puis jetées au fond du trou. Aujourd'hui, les ossements ont été déterré et déposé dans un mémorial vitré dédié à leur mémoire. L'endroit est lugubre avec tous ces squelettes visibles à travers les vitres. A côté, il y a quelques maisons habitées par des moines bouddhistes plutôt âgés. Yvan s'est demandé si ces moines étaient les bourreaux 30 ans auparavant, qui consacraient maintenant la fin de leur vie à prier pour se racheter des atrocités commises.

Le temple Vat Phnom Sampeau juché au sommet de la colline était magnifique, tant pour son architecture que pour le panorama qu'il offrait. Comme beaucoup de temples au Cambodge, celui-ci était en activité et toujours en cours de construction. La religion est très importante dans ce pays et chaque communauté alloue une partie de son revenu pour la construction d'un lieu de culte.

Nous avons ensuite rejoint nos guides pour repartir vers un vieux temple en ruine, le temple "Vat Banan". Avec ses cinq tours coniques, le temples ressemble à ceux d'Angkor mais en miniatures. On a été content de voir celui-ci avant les grands temples d'Angkor. C'est toujours préférable de commencer par les petits avant de voir les grands. Le décor était splendide car les ruines étaient entourées de végétation. Cela renforce le caractère sauvage et séculaire du lieu. Nous avons aussi eu de la chance de visiter ces lieux une semaine avant la saison touristique. Nous étions seuls. On a mangé au bas des ruines près d'un petit village. Après une première tentative où la tenante de la hutte ne voulait pas se bouger pour aller chercher les oeufs pour nous préparer un repas qui était sur sa carte, le guide nous a conseillé d'aller vers un autre restaurant. Nous avons terminé dans une cantine ou les plats étaient déjà prêts depuis le matin (du moins, on l'espère...). Nous nous sommes satisfaits d'une assiette de riz avec un oeuf au plat. Pour le dessert, nous avons acheté quelques bananes et des graines de lotus.

Nous sommes repartis avec nos deux motards pour nous rendre dans une gare improvisée au milieu de la campagne. En fait, ce n'était pas une vraie gare car le vrai train ne s'y arrêtait jamais. Il y avait uniquement les Norry. Ce moyen de transport local est une sorte de train en bois constitué de deux essieux, un plateau en bambous et un moteur électrique. Les étrangers ont renommé cela le "Bamboo Train". Le trajet jusqu'à une autre gare improvisée a duré 20 minutes et fut loin d'être de tout repos. La voie de chemin de fer entre la capitale et Battambang a été construite par les Français dans les années trente et n'a jamais été correctement entretenue. Les ponts ne sont pas toujours en bon état et l'écartement des rails est loin d'être homogène.

La question que tout le monde se pose: Quid lorsque deux Bamboo Trains se retrouvent nez-à-nez ? La réponse est simple: c'est le "train" le moins chargé qui doit être démonté et céder le passage. Nous avons eu droit à un croisement durant le trajet et comme nous avions deux motos, nous avons facilement "gagné" face à l'autre Bamboo Train qui ne transportait que 3 personnes. Pour ceux qui adorent les attractions foraines, ce type de transport est à essayer avec une dose supplémentaire de risque en cas de déraillement.

Le Bamboo Train est surtout utilisé par les gens de la campagne qui veulent transporter du matériels (vivres, bois, ...) vers Battambang pour commercer.

On rentrera sur les scooters à Battambang au milieu de l'après-midi. Enthousiaste par la journée dans la campagne avec nos sympathiques guides, nous avons décidé de rester un jour de plus dans cette ville et de reprendre les mêmes personnes effectuer d'autres visites.

Quelques mots sur nos deux guides du premier jour. Le premier, le racoleur qui a abordé Yvan à notre arrivée à l'hôtel, avait 29 ans et était marié depuis 4 ans. Sa femme ne travaillait pas et attendait un bébé pour décembre. Sa famille était paysanne mais comme il n'avait pas beaucoup de terres, ils ont revendu leur domaine et les enfants ont dû trouver d'autres métiers. Il habitait à la campagne dans une maison en bois qu'il avait construit avec l'aide de sa famille. Son anglais était bon, ce qui nous a permit de parler de plusieurs sujets avec lui. Il était très remonté contre le parti au pouvoir (parti proche de l'idéologie communiste). Jovial et aimable au début, il nous a quand même énervé quelques fois car il était très porté sur des objets qui était hors de prix pour lui. Il a ainsi souvent lorgné sur notre appareil photo et nos téléphones mobiles et nous a parlé des montres suisses et des banques.

Le deuxième guide était un ami du premier (Yvan est néanmoins certain qu'il a dû payer une commission pour venir avec nous). Introverti aux premiers abords, il nous a beaucoup plus apporté que notre racoleur. C'était un type calme et ses réflexions dévoilait une intelligence certaine. Aussi âgé d'une trentaine d'années, il avait travaillé pendant 8 ans en Thaïlande avant de revenir habiter chez sa mère pour s'en occuper. Comme au Vietnam, la tradition au Cambodge veut qu'un des fils reste plus longtemps à la maison pour subvenir aux besoins vitaux de ses parents. C'est en quelque sorte le système de retraite local. C'est d'ailleurs à cause de cela que tant le Vietnam que le Cambodge (et avant la Chine) connaissent une explosion démographique. Avoir beaucoup d'enfants est l'assurance d'avoir à manger et un toit lorsque l'état de santé ne permet plus de travailler pour subvenir à ses besoins. Dit de manière morbide, les enfants ne s'occupe pas trop longtemps de leurs parents car l'espérance de vie est de 62 ans pour la femme et 56 ans pour l'homme (estimation 2005).

Le deuxième jour, nous avons retrouvé notre guide-racoleur dans le hall de l'hôtel. Il était accompagné d'un autre chauffeur de scooter. Nous apprendrons plus tard que ce dernier a payé un dollar au deuxième chauffeur du jour précédent pour prendre sa place.

On a gagné au change car notre guide, âgé de 44 ans, a pu nous faire part de son vécu durant la période des Khmers Rouges. Troisième enfant de la famille, il est le seul survivant de cette période. Après la libération du Cambodge par les Vietnamiens, il est parti 8 à 10 années en Thaïlande dans un camp de réfugiés. Là, il est allé à l'école où il a pu apprendre l'anglais et le thaï. Les camps prodiguaient: nourriture, hébergement, soin et quelques cours aux réfugiés. Par contre, on a été surpris d'apprendre qu'ils ne leur apprenaient pas un métier pour les préparer au retour et aider au redéveloppement du pays. Beaucoup de jeunes réfugiés cambodgiens sont ainsi retournés au pays lorsque les camps ont fermés sans formation professionnelle et sans terres. Par exemple, la famille de notre guide possédait des terres mais celles-ci ont été accaparées par les "profiteurs de guerre" qui n'avaient pas fuit le pays.

Durant notre itinéraire, nous avons vu des dizaines d'écoles et dispensaires. La plupart ont été financés par des organismes étrangers comme l'attestait les panneaux placés à l'entrée. Parmi les principaux pays donateurs figurent le Japon et les Etats-Unis. Après la découverte de Phnom Penh avec ses résidences et voitures de luxe pour certains Cambodgiens, c'est étonnant de voir l'ampleur de l'aide étrangère. Le gouvernement ne semblait pas manqué d'argent dans la capitale mais il semble qu'il "arrose" très peu les campagnes. On a d'ailleurs lu (encyclopédie et site onusien) que la corruption est l'un des plus grands fléaux dans ce pays. Notre guide nous l'a confirmé en indiquant qu'il fallait payé les Cambodgiens recruteurs des ONG pour pouvoir travailler pour celles-ci. Il l'a découvert lorsqu'il a postulé auprès de plusieurs ONG car les salaires sont attractifs.

S'agissant de la visite, on a de nouveau parcouru de splendides routes à travers la campagne (rizières, maison sur pilotis, population, ...). Les quelques temples visités étaient moins intéressants pour le côté architectural car ils étaient très délabrés. Par contre, ils étaient situés au milieu d'un cadre naturel superbe. Tout on long de la journée, nous avons été assailli par les "hello" criés par les enfants. Par contre, on a aussi dû "subir" plusieurs enfants lors de la visite des ruines. Ceux-ci passent leur journée sur les sites et après avoir fait mine de nous aider ou propose de les prendre en photos, ils nous demandent des dollars. Toujours seuls et en quête d'argent, on a pu s'empêcher de s'inquiéter de leur sort en raison des risques de dérives pédophiles avec certains touristes. La problématique pédophile est d'ailleurs connue du publique car plusieurs bus sensibilisent les Cambodgiens et les étrangers sur les sanctions en cas de délits de ce type (10-20 ans de prison ferme).

On est revenu à Battambang en début d'après-midi et avons mangé dans un bouiboui "bof bof" et étonnamment cher.

En parcourant les rues de Battambang, tout occidental sera surpris de voir autant d'hommes inactifs qui sont, soit assis sur leur scooters, soit assis dans un café improvisé sur un trottoir ou fumant des cigarettes avec leurs potes. Excepté la campagne où les gens travaillent la terre, on a eu l'impression que 90% des hommes (il y a moins de femmes visibles et celles qui le sont semblent toujours actives) sont virtuellement au chômage. On ne sait pas trop de quoi ils vivent car ils ont bonne mine.

Nous retenons de Battambang:

  • décor naturel magnifique
  • l'expérience du Bamboo Train
  • la visite de nos premières ruines au sein d'un milieu naturel avant ceux d'Angkor (l'apéritif en quelques sortes)
  • les discussions avec nos trois motards