Carte Calendrier
Budget Lectures Le site
Ecrire un message Consulter les messages
Carte & photos -> Moscou -> St-Petersburg -> Transsibérien -> Lac Baïkal -> Vladivostok Commentaires
Carte & photos -> Hokkaido -> Aomori -> Tokyo -> Mont Fuji -> Kyoto -> Nara Commentaires
Carte & photos -> Busan -> Temple Golgul -> Gyeongju -> Séoul Commentaires
Carte & photos -> Beijing -> Shanghai -> Tangkou & Mt Huang Shan -> Likeng -> Wuyuan -> Changsha -> Yangshuo -> Hong Kong -> Macao Commentaires
Carte & photos -> Hanoi -> Sapa -> Mt Fansipan -> Ninh Binh -> Hué & DMZ -> Hoi An -> Dalat -> Parc Cat Tien -> Ho Chi Minh City Commentaires
Carte & photos -> Phnom Penh -> Battambang -> Stung Sangker -> Angkor -> Ban Lung Commentaires
Carte & photos -> Don Det -> Pakse -> Tha Khaek -> Vientiane -> Luang Prabang -> Vang Vieng -> (Thaï) Bangkok Commentaires
Carte & photos -> Delhi -> Agra -> Jaipur -> Pushkar -> Bikaner -> Jodhpur -> Jaisalmer -> Udaipur -> Mont Abu -> Mumbai Commentaires
Carte & photos -> Dar Es Salam -> Zanzibar -> Moshi -> Kilimandjaro Commentaires
Mt Fuji & Kawaguchi-ko: 7 - 9 août 2007

On a quitté Tokyo en bus (2 heures de trajet) pour se rendre dans la petite ville de Kawaguchi-ko. Cette ville est la base de départ préférée des Tokyoïtes pour préparer l'ascension du Mont Fuji. Juste avant le départ de Tokyo, Vania est tombée malade. Les symptômes (maux de tête et de ventre, forte fatigue) nous on fait penser à une insolation ou à un problème alimentaire ou peut être les deux à la fois. Pour cette raison, Vania a renoncé au dernier moment (le matin du départ) à la grimpe et est restée dans l'auberge de jeunesse de Kawaguchi-ko pour se reposer pendant qu'Yvan grimpait le fameux volcan.

L'ascension du Mont Fuji par Yvan (photos)

Le Mont Fuji est le plus grand sommet du Japon avec ses 3'776 mètres. Volcan avant tout, il a éternué pour la dernière fois en 1707. Depuis, il dort et selon les Japonais, rien n'indique qu'il se réveille prochainement (je ne sais pas ce qu'ils entendent par "prochainement"). Pour les Japonais, le Mont Fuji, avec sa forme conique quasi-plate, est l'un des symboles du Japon. C'est durant l'hiver qu'il offre son plus beau profil aux photographes. Lorsque le sommet enneigé met en perspective son cône volcanique. Le Mont Fuji, c'est en quelque sorte l'équivalent du Cervin pour nous Helvètes. Il subsiste néanmoins une différence de taille car l'ascension du Mont Fuji est abordable de 7 à 77 ans alors que le Cervin... La documentation touristiques indique qu'il est possible de voir le sommet du Mont Fuji par beau temps depuis Tokyo, situé à 100 kilomètres à vol d'oiseau. Perdu dans le bas-fonds des rues de Tokyo, nous n'avons pas pu le vérifier.

La saison officielle pour l'ascension s'étend du 1er juillet au 31 août. Je m'attendais donc à ne pas être seul et je ne fus pas déçu. D'autant plus qu'à l'instar de leur passage remarqué en Europe, les Japonais ont tendance à partir en vacances en groupes. Conséquence, j'ai été entouré de groupes (groupes mixtes, d'écoliers, de familles, de retraités, de sections de l'armée japonaise et même des GIs américains) tout au long de l'ascension.

Historiquement, le Mont Fuji était gravi par des moines depuis la plaine, soit depuis la "1ère station". Aujourd'hui, la majorité dont moi débute l'ascension depuis l'une des trois 5e station. Avec Vania, on avait choisi celle qui donnait sur Tokyo et qui était à 2305 mètres d'altitude. Depuis cette station, il faut compter 6 heures de marche pour atteindre le sommet du cratère. Sans aucune modestie, j'ai mis 3h30. A ma décharge, ma condition physique de skieur suisse habitué à l'altitude alors que la plupart des marcheurs proviennent des villes côtières et ne sont pas habitués à l'altitude. En témoigne les nombreuses bonbonnes à oxygènes vendues à côté des boissons minérales.

L'ascension depuis la 5e station commence à la limite supérieur de la végétation. On se retrouve donc très rapidement sur des chemins pierres-graviers d'origine volcanique sans aucune verdure. Les teintes dominantes sont le noir, le rouge foncé et l'ocre. Le sentier est large et entièrement balisé. De plus, de larges murs de pierres sont aménagés pour protéger des éventuelles chutes de pierres ou glissements de terrain. Depuis la 5e station jusqu'à la 8e station, dite "supérieure", l'ascension est parsemée de refuges à intervalles réguliers qui vendent des boissons et disposent de dortoirs pour y passer la nuit. Au sommet, il faut encore compter une heure pour faire le tour du cratère. L'œil du volcan est peu spectaculaire: un peu de neige, quelques rochers rouges et verts. Aucune fuite de gaz ou d'odeur de souffre, le volcan est bel et bien endormi.

J'ai passé la nuit dans l'un des refuges situé en bordure du sommet. Pour un prix plutôt exorbitant de CHF 60.-, les prestations se limitent à une petite place dans le dortoir sous une grosse couverture entre deux japonais. Cette promiscuité à deux inconvénients et un avantage majeur. Les inconvénients sont: 1. mes deux voisins ont ronflé toutes la nuit / 2. si je me tourne, j'écrase forcément l'un de mes voisins si je ne fais pas attention. L'avantage: le fait d'être serré maintien la chaleur, ce qui est primordial à 3'700 mètres d'altitude dans un dortoir non chauffé. Les nuits sont très fraîches au Mont Fuji et j'ai dormi habillé sous ma couverture.

Cerise sur le gâteau, le couvre-feu est à 19h00 et pas moyen d'y échapper car toutes les lumières sont coupées, reste plus qu'à dormir. Evidemment, l'heure précoce du coucher a accouché d'un réveil matinal à 03:30. Les ronflements de mes nombreux voisins de "chambre" ont immédiatement cessé et fait place aux bruits des préparatifs avant d'aller affronter le temps glacial dehors. Il y a eu aussi quelques pschitt pschitt indiquant que certains montagnards nippons prenaient leur dose d'oxygène à coup de bonbonnes. Dehors, une foule énorme (plusieurs centaines de personnes). Une grande partie des marcheurs qui s'étaient arrêtés aux stations inférieures se sont levés tôt et ont terminé l'ascension de nuit pour voir le lever du soleil ("goraiko" en japonais) depuis le sommet. L'arrivée du soleil est un très joli spectacle, quoique qu'un peu long lorsque l'on doit affronter le froid et un vent violent de face. Pour affronter ce froid, les employés du refuge vendent des cannettes de thé ou de café froid qu'ils ont préalablement réchauffées dans un chaudron d'eau chaude. D'autres employés sont  occupés à marquer par le feu les bâtons en bois des pèlerins-marcheurs en y apposant une inscription avec un tison chauffé à vif. L'inscription comprend quelques caractères japonais et une image du Mont Fuji. Apposée sur les bâtons, cela permet aux marcheurs d'attester devant leur semblable qu'ils ont atteint le sommet de la mythique montagne.

Le lever du soleil terminé et les photos prises, la foule commence immédiatement la descente. Il faut se hâter pour ne pas rester bloquer derrières les groupes.

En bas à la 5e station, c'est le grand retour de la température habituelle, forte chaleur et forte transpiration. Deux heures auparavant, c'était grand froid et utilisation de toutes les couches d'habits possibles. Un beau contraste propice au "chaud-froid".

Le périple prend fin avec le retour en bus à Kawaguchi-ko.