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Dar Es Salam: 2-4 + 9-10 + 20-24 janvier 2008

Dar es Salam a été la capitale de l'empire colonial germanique depuis 1861 puis des Britanniques jusqu'en 1973 où le centre législatif du pays a été transféré à Dodoma. C'est un bon exemple d'une des nombreuses aberrations postcoloniale africaine car Dodoma est peut-être au centre du pays mais avant d'acquérir son statut de capitale, c'était simplement une petite ville sans grand attrait. L'irrationalité de la décision touche à son paradoxisme lorsque l'on sait que le développement de Dodoma est freiné par une insuffisance d'eau potable.

En conclusion, Dar es Salam n'est pas la capitale mais reste le centre politique et économique du pays. Sa population est estimée à 3 millions d'habitants. Toutefois, la surface de la ville est telle avec 1'350 km2 que l'on a pas du tout l'impression d'être dans une grande métropole. Dar es Salam est néanmoins une cité pluriethnique car nous avons rencontré beaucoup d'Indiens et d'Arabes.

Etant la cité centrale, il n'est donc pas étonnant que nous avons passé trois fois dans cette ville durant notre séjour en Tanzanie.

1er séjour (2-4 janvier) - la prise de température de la Tanzanie

Nous sommes donc arrivés avec Air India depuis Nairobi. Vu les problèmes rencontrés par ce pays suite aux élections présidentielles, on a été ravi de pouvoir resté dans le même avion qui nous avait amené de Mumbai au Kenya. On a ainsi sagement patienté dans l'avion que l'équipe de nettoyage fassent sont travail avant que l'avion reparte pour Dar es Salam. En bref, notre séjour kenyan s'est limité à une heure d'attente à l'aéroport et nous n'avons même pas posé un pied hors de l'avion.

L'aéroport international de Dar es Salam porte le nom de Julius Kambarage Nyerere (1922-1999) qui n'est autre que le premier président de la République de Tanzanie (1962-1985) élu démocratiquement. Le terme "international" contraste avec la taille de l'aéroport qui, même pour des Suisses habitués à la miniature, a les dimensions d'un aérodrome de campagne. Après avoir payé nos visa en monnaie de l'Oncle Sam, nous sommes sortis de l'aéroport et avons immédiatement dû affronté la première petite mafia tanzanienne, celle des chauffeurs de taxis. On savait que le prix était de 10'000  shillings pour atteindre le centre-ville mais tous les chauffeurs présents nous ont demandés en choeur 20'000 shillings. On a donc tenté et avec succès la technique habituelle qui est d'isoler un chauffeur pour qu'il ne soit pas influencé par ses collègues et de négocier avec lui.

Dans ce genre de négociation, nous avons fini par établir des rôles après bientôt 7 mois de voyage. Le couple Yvan et Vania, c'est en gros "le Bon et le Truand". En bref, Yvan se charge d'établir le premier contact avec un vendeur, chauffeur de taxi, ... avec le sourire et de façon très diplomatique. Il demande le prix et fait mine d'être plutôt d'accord avec ce dernier mais il demande une confirmation à la "brute" (son épouse Vania) qui fait immédiatement éclater son expression de femme pas contente du tout (à la sauce italienne) et qui exige un prix plus bas. Yvan se retourne alors vers le vendeur et lui dit que "ma femme ne veut pas payer autant". Le vendeur baisse donc le prix. Ce système a plutôt bien marché en Inde et en Afrique où les locaux ont l'habitude que ce soit la femme qui soit la plus pénible. Et cerise sur le gâteau, c'est toujours Vania qui donne l'argent au final.

Réussir un bon prix négocié ne veut pas dire que le chauffeur n'a pas d'autres cartes à jouer. Durant le trajet jusqu'au centre-ville, il n'a pas arrêté de donner des publicités d'hôtels de luxe à Yvan (il avait peur de Vania) en espérant pouvoir obtenir une commission s'il nous y emmenait. Nous avons refusé toutes ses "offres" et avons trouvé une chambre dans l'hôtel Jumbo Inn. Jumbo signifie "bonjour" en Swahili.

Dès le premier contact, nous avons beaucoup aimé le personnel et les chambres du Jumbo Inn. On y reviendra à chaque fois. Il faut dire qu'après l'Inde machiste du Rajasthan, ce fut un réel plaisir de retrouver des femmes extraverties qui ont un fort sens de l'humour. Les chambres sont très simples mais elles sont propres (au grand plaisir de Vania et d'Yvan car son épouse a arrêté de se plaindre).

On n'avait pas prévu de venir à Dar es Salam, ce qui fait que l'on a dû changer nos plans et improviser (comme tout au long du voyage). On est resté deux jours et cela nous a permit d'acheter les billets de ferry pour nous rendre sur l'île de Zanzibar et d'aller visiter le musée national de Tanzanie.

L'expérience des billets de ferry avait un petit goût indien. Avant même d'atteindre un guichet d'une des trois agences de ferry conseillées par notre guide de voyage, nous avons été harcelé par plusieurs "consultants". L'approche est toujours identique avec des questions du genre: "Où allez-vous", "Comment t'appelles-tu?", "D'où venez-vous?", etc... Ils nous proposent tous de nous aider mais en fin de compte, leur seul objectif est de nous vendre des billets plus cher. Ils sont assez malin en nous harcelant pour nous faire douter que les guichets officiels le sont vraiment. Il faut dire que ces cagibis en métal sont plutôt pourris. Après une belle lutte, nous avons remporté la victoire en achetant des vrais billets pour un vrai ferry dans un vrai guichet. Ouf... c'était loin d'être partie gagnée.

Nous avons ensuite visité le Musée National qui se trouve dans un vieux bâtiment blanc situé proche de la mer. Les éléments exposés étaient d'intérêt variable. C'est surtout les parties coloniales et postcoloniales qui étaient intéressantes car elles étaient beaucoup plus complètes que les périodes précédentes. Une bonne partie du musée est consacrée au personnage clé du pays Julius Nyerere, le premier président de la République de Tanzanie.

A midi, nous nous sommes rendus dans un ex-restaurant chinois (il ne subsistait que quelques éléments du décor) pour notre premier repas tanzanien.

Quelques différences avec l'Inde et les autres pays d'Asie: les quantités sont importantes et semblent adaptées au physique corpulent de la population, ils mangent beaucoup de frites ou du riz parfumé (un plaisir!), ce sont de vrais carnivores et la viande est toujours l'élément central du repas, les assiettes de fruits sont excellentes (on est tombé avec chance en pleine saison de récolte des ananas, bananes, mangues et papayes), ils boivent de l'eau, beaucoup de boissons sucrées et quelques fois de la bière (sans excès), chaque plats est accompagnés de légumes frais croustillants cuits avec du lait de coco.

Nous avons terminé la journée en allant rendre visite à l'élément "suisse" du coin, l'hôtel Mövenpick où l'on a payé le gardien-sauveteur assez cher pour pouvoir barboter dans leur petite piscine. En parlant à la réception en sortant, on apprendra en sortant que la piscine est réservée pour l'usage unique des clients de l'hôtel. Notre gardien-sauveteur s'est donc pris une petite commission ...

Le lendemain, nous sommes partis au port pour prendre notre ferry pour l'Île de Zanzibar.

2e séjour (9-10 janvier) - le passage obligé avant le Kilimandjaro

De retour à Dar es Salam après le repos "zanzibarien", nous sommes retournés à l'hôtel Jumbo Inn puis avons acheté nos billets de bus pour Moshi, station de base avant l'ascension du Kilimandjaro.

L'achat des billets de bus a été aussi "challenging" que ceux du ferry. Etant rodé après plusieurs mois de voyage, nous avons "survolé" les consultants. En effet, avant même d'atteindre le guichet d'une compagnie de bus, nous avons été interpellé par plusieurs Tanzaniens qui, comme d'habitude, se proposaient de nous aider et de nous trouver des billets pas cher pour Moshi. Et comme d'habitude, nous avons suivi le proverbe salvateur: "on n'est jamais mieux servi que par soi-même".

Durant l'après-midi, nous nous sommes rapprochés de Helvetia Patria. Nous avons été visité le bureau de Swiss et avons acheté notre billet de retour pour Genève le 24 janvier 2007. Dur de se dire que cette date marquera la fin de notre épopée de sept mois.

Le jour suivant, nous sommes partis en taxi pour atteindre le terminal des bus qui est fortement éloigné du centre-ville (impossible de l'atteindre à pied). Là, nous avons été confronté à une nouvelle mafia, celle des "protecteurs de bagages". En bref, pendant que nous mettions nos bagages dans la soute de notre bus, un type vêtu d'habits militaires nous a demandé un supplément pour les bagages. Nous avons refusé et même si son regard était très menaçant du genre "pas de paiement donc dommage pour vos bagages", il n'a pas insisté et nous n'avons pas eu de problèmes avec nos affaires. L'hôtesse du bus ne nous a d'ailleurs pas rassuré lorsque nous attendions le départ car elle n'a pas cessé de nous dire de faire attention à nos sacs.

On est finalement parti à l'heure et le trajet fut magnifique. On avait les places tout devant à côté du chauffeur, ce qui nous a laissé beaucoup de place pour nos jambes et permit d'admirer le paysage. En plus, le bus était très récent, ce qui fait que le trajet était très coulant même si la route avait quelques nids de poules.

A 14 heures, nous avons eu droit à l'arrêt dîner dans le restaurant-cantine "Highway Restaurant". Son nom est un peu exagéré car il n'y a pas d'autoroutes en Tanzanie mais de simples routes goudronnées à une voie. La nourriture n'était pas excellente mais vu le prix, on n'a pas été déçu.

On arrivera reposé et bien nourri à Moshi en fin d'après-midi.

3e séjour (20-24 janvier) - les derniers jours de notre Tour Du Monde

On pourrait intituler notre dernier passage à Dar es Salam: "Comment tuer le temps le plus rapidement possible". En effet, nous sommes revenus dans cette ville uniquement pour prendre l'avion du retour pour Genève. Toutefois, vu qu'il n'y avait pas de billets économiques plus tôt, nous avons malheureusement dû acheter un billet pour le 24 janvier, ce qui nous oblige à patienter durant 4 jours. Ce fut long...

Tout a commencé dimanche 20 janvier lorsque nous sommes arrivés en bus depuis Moshi. Le trajet du retour fut moins confortable que l'aller. Le bus était effectivement plus ancien et cela se ressentait (suspensions). Excepté cela, tout s'est bien passé, même notre arrivée dans la grande et dangereuse (selon le Lonely Planet) gare routière de Dar es Salam car nous avons pu facilement trouver un taxi qui nous a amené au centre-ville.

Les jours suivants furent répétitifs... Petit-déjeuner, lecture, internet, écriture, repas de midi, lecture,..., petite promenade, ... souper, ... lecture, etc...

Bref, après sept mois mouvementés, nous avons eu beaucoup de peine à nous habituer à ce rythme trop calme. Il faut dire qu'il n'y a pas grand chose à faire à Dar es Salam et nous n'avions pas le budget pour nous offrir un petit safari de quelques jours.

On a quand même célébré notre première agression le jour avant le départ. En sortant d'un restaurant, un Tanzanien a agrippé le bras d'Yvan et l'a fortement secoué pendant quelques secondes, puis il est parti. Tentant de comprendre le pourquoi du geste, nous avons pensé au porte-monnaie qui avait en effet disparu! Une Tanzanienne nous a montré notre voleur du doigt qui s'en allait gentiment, l'air de rien. Yvan lui a couru après et s'est retrouvé devant le type qui, accolé à un mur, a laissé tombé le porte-monnaie et quelques billets se sont éparpillés. Yvan a rien compris lorsque le type a ramassé le porte-monnaie et les billets et lui les a rendus avant de repartir rapidement.

Résultat: on a perdu quelques billets (peut-être CHF 30.- au maximum) mais on a surtout pu récupérer toutes les cartes bancaires.... Ouf... fallait que cela arrive dans les derniers jours...

On quittera Dar es Salam le 24 janvier au soir pour Zürich puis Genève.

Nous retenons de Dar Es Salam:

  • les assiettes de fruits exotiques gargantuesques pour moins de CHF 2.- (mangue, papaye, banane, ananas, ...)
  • les salades vertes avec leur excellente sauce vinaigrette (nos premières vraies salades depuis le Japon) et sans tomber malade (ici, tout est frais)
  • l'affaire du pickpocket
  • tuer le temps... tuer le temps...